Hé oui, la pro de la cueillette des fruits c'est moi!
Après cette horrible ferme de Zuccini picking au j'ai vécu le pire jour de ma vie, Shelli m'envoya, après m'avoir redonné un jour de repos que je ne voulais pas (le temps c'est de l'argent), dans une autre ferme qui cultivait les aubergines et les chilis. C'est une ferme d'italien je crois, "Platane farm", la vieille fermière moustachue décide qui va faire les chillis et qui va faire les eggplants.
Après avoir fait le zuccinni, les Eggplants c'était les vacances! Bon, on était toujours courbés, et il fesait toujours aussi chaud mais on ne devait ni courir ni porter les fruits puisqu'on basardait tout sur la machine avec un tapis roulant. Par contre c'est horrible ce que ça dégage comme pollen ces foutues plantes! Du coup à la fin ben on cueille avec le visage couvert, sinon on tousse tout le temps. Faut dire que les champs de cette ferme sont pas très propres, c'est bourré de mauvaises herbes, et les mauvaises herbes d'Australie c'est ni des ortilles, ni des picos (comme je les appelle), c'est PIRE. Il y en a plusieurs sortes dont certaines sont vraiment très odorantes et vous donne la nausée, et les austres sont des grosses boules de picos, ça c'est les plus courantes et les plus dérangeantes. Pour cueillir les aubergines on s'enfile des gant, par ce que les tiges de ces fruits, c'est comme la tige des roses, on s'enfonce leurs épines à chaques fois qu'on en tient une, d'ailleurs même avec les gants on s'enfonce encore ces foutues épines.
Pour les jours où j'ai cueillit du chili (piments), c'est parce qu'il n'y avait plus d'Aubergines dans cette ferme, donc on nous envoyait au chilli. Ils en avaient deux sortes : les oranges ou les rouges. On a d'abord dû cueillir les chillis oranges pour finir les champs,qui sont payés 0.67 $ du kilo, et puis les chilli rouges, 0.42 $, qui sont payés un peu moins parce qu'ils sont plus grands, et par concéquent plus lourd. On a un peu la haine de bosser pour si cheap. Mais on fait ce qu'on peut pour remplir le maximum de seaux qu'on peut. Certains jours sont plus fructifiants que d'autres, mais celui qui a remporté le concours du meilleur fruit pickeur c'était quand même mon ami coréen qui n'avait qu'un seul bras (et nous tous, avec deux bras, on arrivait jamais à en faire autant que lui).
Les jours de non motivation ne rapportent parfois que 50 dollars la journée, et même sans prendre une pose à part pour manger mon sandwich qui a cuit au soleil ou boire de l'eau bouillante. Et on est dans les champs de 7h30 du mat. jusqu'à 4h30 voir 5h du soir, ça dépend à quelle heure les fermiers décident de venir nous chercher. On a pas un coin d'ombre, et nos bouteilles d'eau se vident plus vite que nos seaux ne se remplissent, et on ne fait que bosser, bosser et bosser en plein soleil. Le soir quand les fermiers venaient nous rechercher, on embarquait les seaux dans la remorque, et on prenait la direction de la ballance pour peser les chillis. Des fois c'est vraiment désespéreant. Les seaux sont remplis mais leurs chillis étaient tellement secs que ça ne pesait que des plumes, et vers la fin, il n'y avait même plus rien à cueillir et on perdait notre temps, et notre argent dans ces fucking champs... Et le travail qu'on fournissait était le même. Bonjour la frustration!
Du coup j'ai demandé à Shelli pour qu'elle me trouve quelquechose qui paye à l'heure, donc j'ai fait deux jours dans une ferme où je devais ramasser les mauvaises herbes, ça s'était le plus facile, mais c'était super chiant, j'avais trop le temps de penser, j'ai aussi emballer des pastèques (ça fait mal aux poignets ça)... Et fait du Melon picking, sympa, le melon picking.
Après cette semaine là Shelli voulait encore me donner un congé, ou alors je pouvais retourner bosser chez Platane et refaire du Chilli. Comme j'avais vraiment pas assé de sous, je suis allée recueillir du chilli chez Platane. Une nouvelle sorte de Chilli. Des très forts, très pikants... Et tout petits et très secs surtout! 4$ le kilo. Ouais super, j'ai mis la journée pour remplir un seau! Et tout ça pour combien? 30$! Ils m'auront plus ces salauds!
Le lendemain Shelli voulait encore me donner congé, décidemment, elle est bouchée celle là! J'ai besoin de fric moi, en plus y a des rous dans mes slaires, y en a qui payent pas, ou alors ils sont lents, j'suis sure que c'est Platane qui est responsable, le coréen m'avait prévenu... Alors Régina, ma room mate from Germany, a fait quelques chose de vraiment génial pour moi. Elle cueillait des aubergines dans une peite et sympathique ferme qui fesait bosser le dimanche, et, au risque de ne plus pouvoir avoir son job après, elle m'a donné son job! Alors ça, ça c'est quelque chose que j'oublirai jamais. Elle m'a sauvée! Elle et Martina devaient rester bosser pour plus longtemps que moi, elles accumulaient le plus de sous possible pour passer 3 mois en Nouvelle Zélande, et il leur restait encore 3 autres semaines de boulot. J'ai vraiment été touchée par son geste!
Donc je suis partie bosser chez Torrie Cantarella, à sa place. Trois quart d'heure de trajet, en général je suis la seule fille, le fermier est sympa comme tout. Il a du savoir vivre lui! Son père, un sicillien a immigré en Australie quand Torrie avait deux ans, et il a grandit ici, à Home Hill. Il a repris la ferme de papa, une ferme propre et familiale. C'est la femme de Torrie qui emballe les aubergines avec l'une de ses filles (ils en ont 5 et 2 garçon qui ont déjà des enfants). Ici on a un frigo pour mettre notre lunch et on termine a trois heure de l'aprem. On cueille deux sortes d'aubergines différentes ; les libanaises qui sont longues et pas grosses, et les normales qui sont grosses. A 3 pm on a fini, donc a 4pm on est de retour, et j'en profite pour aller faire un plongeon dans la piscine d'Home Hill qui ferme à 5pm, et je suis à nouveau fraiche et en pleine forme!
Donc le soi, on profite pour faire la fête avec les autres backpakers. C'est sympa, l'ambiance est bonne même si on doit dire aurevoir toutes les semaines à des potes, mais toutes les semaines y en a des nouveau qui arrivent.
C'est l'ambience d'un voyage... D'un rythme de vie particulier, une vie de voyage qui ne dure pas éternellement, mais qu'on savoure du mieux qu'on peut...